21 mai 2020

Eric Fottorino a dit :

"Etre écrivain, c'et sans doute combler les trous de sa propre vie avec l'étoffe rapiécée des destins qui nous dépassent. Quand (..) il fallait, par la magie des mots, écrire un article, je songeais : ce sera moins dur que de monter le Tourmalet. (...) Le dos courbé au-dessus de la tablette, j'écrivais comme on pédale, cherchant la meilleure trajectoire pour les verbes et les adjectifs, allant au plus court comme on coupe un virage, allant au plus pressé, au mieux pesé, n'oubliant jamais la règle première du coureur : se faire... [Lire la suite]
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19 mars 2020

Pierre Lemaitre a dit :

"Pour des raisons qui relèvent certainement de l'inconscient du texte, il y a des personnages auxquels on s'attache davantage. (...) C'est vrai, je suis tombé amoureux de cette fille [Louise, dans Miroir de nos peines]. L'inconscient du texte est l'un des moteurs de l'écriture d'une histoire. Sans ça, le livre s'enliserait. Ça prend des centaines d'heures, d'écrire un roman ! Certains y arrivent en trente jours, moi il me faut dix-huit mois. Pour rester 1500 heures avec vos personnages, si vous n'aviez pas de l'attachement au moins... [Lire la suite]
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17 mars 2020

Cavanna a dit (3) :

"Un écrivain qui ne peut plus écrire, alors que sa tête bouillonne toujours et plus que jamais... Bon, j'aurais pu le perdre, ce bras. Les tronçonneuses volent bas, sous le ciel d'automne, les roues des camions, sur l'autoroute, ne demandent qu'à broyer. Il y en a à qui de telles choses arrivent. Oui, mais ils ne font pas métier d'écrire. Et alors ? Ils sont peut-être horlogers, ou sculpteurs sur grains de riz, ou tatoueurs à façon... Pas mes oignons. De bonnes âmes me conseillent : - Apprends à taper. D'abord, aujourd'hui,... [Lire la suite]
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04 mars 2020

Cavanna a dit (2) :

"Ecrire est une colère, écrire est un transport, écrire est une conquête, une immensité. Rejetons le mot "passion", trop sali par les petits malins de la pub. J'ai une phrase en tête, tout naturellement elle me coule du cerveau au bout des doigts, qui se mettent en devoir de la tracer, l'ensemble cerveau-doigts ne forme qu'un. Cela s'effectue pour ainsi dire tout seul, tandis que les doigts tracent les mots le cerveau conçoit déjà la phrase suivante, ça trotte à un bon petit rythme de croisière, et bon, ça s'appelle écrire. Ne... [Lire la suite]
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27 février 2020

Cavanna a dit (1) :

"Si loin que je me souvienne, j'ai toujours eu envie, besoin, de rigoler. Rire et faire rire. Mon enfance et mon adolescence ont été empoisonnées par cette tendance à voir la cocasserie dans les choses les plus graves. Je dis "empoisonnées" parce que cette démangeaison des zygomatiques m'a valu je ne sais combien d'heures de retenue ainsi que la mise à l'index par les instits et les profs... On nous enseignait les classiques. Corneille, Racine, toute la bande. Le prof insistait beaucoup sur le sens de l'honneur chez Corneille. Il... [Lire la suite]
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20 février 2020

Cavanna a dit (Prologue) :

Voici un article qui pourrait être rangé dans tant de catégories de ce blog : "Le Dico de mes héros", "Artistes et auteurs à suivre", "Charlie"... et finalement je le classe dans "Paroles d'auteurs" Cavanna a dit... beaucoup de choses, notamment sur l'écriture. Retours piochés dans Lune de miel, son avant-dernier livre, l'ultime publié de son vivant. J'avais refusé de lire à l'époque, effrayé par la maladie, ne voulant pas "écouter" le récit de la décrépitude de cet homme que j'aime tant. Quel crétin je fus ! Bien entendu,... [Lire la suite]
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06 février 2020

Eric Orsenna a dit :

On trouve ces jolies réflexions dans le merveilleux petit livre qu'Orsenna a consacré à notre fabuliste :  "De certains livres on dirait qu'ils vous ont choisi. Dés la première phrase, le coeur vous bat. Vous entendez une voix vous dire : "Tu veux être mon ami ?" C'est la voix du livre. Vous en pleureriez. Vous avez trouvé quelqu'un, et ce quelqu'un est un livre, quelqu'un pour vous protéger. Comme le ferait un plus âgé dans la cour de récréation. Vous protéger, mais pas seulement. De page en page, le livre continue de vous... [Lire la suite]
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28 novembre 2019

Pierre Assouline a dit :

"Je me suis beaucoup amusé en écrivant ce livre, mais son vrai sujet, ce ne sont ni les séfarades, ni l’Espagne. C’est une réflexion sur l’identité. Je suis français, né au Maroc avec une double filiation séfarade et judéo-berbère, et très européen. Je supporte mal que toute revendication d’identité soit aujourd’hui rejetée comme meurtrière et nationaliste par essence, bloquant tout débat. L’identité, ce n’est pas là où on habite, c’est ce qu’on a à l’intérieur. Sauf sur un point : en tant qu’écrivain, ma vraie patrie, c’est... [Lire la suite]
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27 juin 2019

Stéphanie Delestré a dit :

"Le roman noir n'est pas un roman policier. Il y a des romans noirs qui sont policiers, mais le roman noir n'est pas un genre littéraire (...). C'est beaucoup plus insidieux. Certains romans de Dostoïevski ou de Balzac sont des romans noirs, mais pas des polars. Le fil directeur avec le roman noir contemporain, ce sont les marges, l'excès, les déviances (...). C'est une littérature de la revendication, de la transgression et de la critique. C'est en effet une récurrence, il n'y a pas de roman noir sans une critique sociale." ... [Lire la suite]
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20 juin 2019

Jean-Christophe Grangé a dit :

Jusqu'à douze ans, j'ai surtout voulu devenir dessinateur de bandes dessinées ! Puis je me suis mis à jouer du piano et j'ai cru que je serais musicien. Finalement, c'est l'écriture qui m'a choisi... plus que le contraire. Cela m'a pris du temps de réaliser que mon truc, c'était les mots. On me demande toujours d'où me viennent des idées aussi sombres. (...) L'honnêteté m'oblige à reconnaître que, si je suis dans la vie le plus pacifique des hommes, j'ai un imaginaire très noir, très violent. Ça remonte certainement à mon... [Lire la suite]
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