14 juillet 2020

Etienne Roda-Gil a dit :

  "À quoi sert une chanson si elle est désarmée ?"Me disaient des Chiliens, bras ouverts, poings serrés Comme une langue ancienneQu'on voudrait massacrerJe veux être utileÀ vivre et à rêver . Comme la lune fidèle à n'importe quel quartierJe veux être utile à ceux qui m'ont aimé À ceux qui m'aimerontEt à ceux qui m'aimaientJe veux être utileÀ vivre et à chanter Ah, la, la, la La, laLa, la, la, la, la, laLa, la, la, la, la, la Dans n'importe quel quartier d'une lune perdueMême si les maîtres parlent et qu'on ne m'entend... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 05:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 juin 2020

Amélie Nothomb a dit :

"Je vécus dès lors dans un sentiment de solennité. L'après-midi même de cette révélation tragique, Nishio-san m'emmena à la plaine de jeu ; j'y passai une heure à sauter frénétiquement sur le muret du bac à sable en me répétant ces mots :"Tu dois te souvenir ! Tu dois te souvenir !"Puisque tu ne vivras pas toujours au Japon, puisque tu seras chassée du jardin, puisque tu perdras Nishio-san et la montagne, puisque ce qui t'a été donné te sera repris, tu as pour devoir de te rappeler ces trésors. Le souvenir a le même pouvoir que... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 06:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 mai 2020

Eric Fottorino a dit :

"Etre écrivain, c'et sans doute combler les trous de sa propre vie avec l'étoffe rapiécée des destins qui nous dépassent. Quand (..) il fallait, par la magie des mots, écrire un article, je songeais : ce sera moins dur que de monter le Tourmalet. (...) Le dos courbé au-dessus de la tablette, j'écrivais comme on pédale, cherchant la meilleure trajectoire pour les verbes et les adjectifs, allant au plus court comme on coupe un virage, allant au plus pressé, au mieux pesé, n'oubliant jamais la règle première du coureur : se faire... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 06:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
19 mars 2020

Pierre Lemaitre a dit :

"Pour des raisons qui relèvent certainement de l'inconscient du texte, il y a des personnages auxquels on s'attache davantage. (...) C'est vrai, je suis tombé amoureux de cette fille [Louise, dans Miroir de nos peines]. L'inconscient du texte est l'un des moteurs de l'écriture d'une histoire. Sans ça, le livre s'enliserait. Ça prend des centaines d'heures, d'écrire un roman ! Certains y arrivent en trente jours, moi il me faut dix-huit mois. Pour rester 1500 heures avec vos personnages, si vous n'aviez pas de l'attachement au moins... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 07:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 mars 2020

Cavanna a dit (3) :

"Un écrivain qui ne peut plus écrire, alors que sa tête bouillonne toujours et plus que jamais... Bon, j'aurais pu le perdre, ce bras. Les tronçonneuses volent bas, sous le ciel d'automne, les roues des camions, sur l'autoroute, ne demandent qu'à broyer. Il y en a à qui de telles choses arrivent. Oui, mais ils ne font pas métier d'écrire. Et alors ? Ils sont peut-être horlogers, ou sculpteurs sur grains de riz, ou tatoueurs à façon... Pas mes oignons. De bonnes âmes me conseillent : - Apprends à taper. D'abord, aujourd'hui,... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 05:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 mars 2020

Cavanna a dit (2) :

"Ecrire est une colère, écrire est un transport, écrire est une conquête, une immensité. Rejetons le mot "passion", trop sali par les petits malins de la pub. J'ai une phrase en tête, tout naturellement elle me coule du cerveau au bout des doigts, qui se mettent en devoir de la tracer, l'ensemble cerveau-doigts ne forme qu'un. Cela s'effectue pour ainsi dire tout seul, tandis que les doigts tracent les mots le cerveau conçoit déjà la phrase suivante, ça trotte à un bon petit rythme de croisière, et bon, ça s'appelle écrire. Ne... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 07:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 février 2020

Cavanna a dit (1) :

"Si loin que je me souvienne, j'ai toujours eu envie, besoin, de rigoler. Rire et faire rire. Mon enfance et mon adolescence ont été empoisonnées par cette tendance à voir la cocasserie dans les choses les plus graves. Je dis "empoisonnées" parce que cette démangeaison des zygomatiques m'a valu je ne sais combien d'heures de retenue ainsi que la mise à l'index par les instits et les profs... On nous enseignait les classiques. Corneille, Racine, toute la bande. Le prof insistait beaucoup sur le sens de l'honneur chez Corneille. Il... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 06:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
20 février 2020

Cavanna a dit (Prologue) :

Voici un article qui pourrait être rangé dans tant de catégories de ce blog : "Le Dico de mes héros", "Artistes et auteurs à suivre", "Charlie"... et finalement je le classe dans "Paroles d'auteurs" Cavanna a dit... beaucoup de choses, notamment sur l'écriture. Retours piochés dans Lune de miel, son avant-dernier livre, l'ultime publié de son vivant. J'avais refusé de lire à l'époque, effrayé par la maladie, ne voulant pas "écouter" le récit de la décrépitude de cet homme que j'aime tant. Quel crétin je fus ! Bien entendu,... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 07:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
06 février 2020

Eric Orsenna a dit :

On trouve ces jolies réflexions dans le merveilleux petit livre qu'Orsenna a consacré à notre fabuliste :  "De certains livres on dirait qu'ils vous ont choisi. Dés la première phrase, le coeur vous bat. Vous entendez une voix vous dire : "Tu veux être mon ami ?" C'est la voix du livre. Vous en pleureriez. Vous avez trouvé quelqu'un, et ce quelqu'un est un livre, quelqu'un pour vous protéger. Comme le ferait un plus âgé dans la cour de récréation. Vous protéger, mais pas seulement. De page en page, le livre continue de vous... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 06:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 novembre 2019

Pierre Assouline a dit :

"Je me suis beaucoup amusé en écrivant ce livre, mais son vrai sujet, ce ne sont ni les séfarades, ni l’Espagne. C’est une réflexion sur l’identité. Je suis français, né au Maroc avec une double filiation séfarade et judéo-berbère, et très européen. Je supporte mal que toute revendication d’identité soit aujourd’hui rejetée comme meurtrière et nationaliste par essence, bloquant tout débat. L’identité, ce n’est pas là où on habite, c’est ce qu’on a à l’intérieur. Sauf sur un point : en tant qu’écrivain, ma vraie patrie, c’est... [Lire la suite]
Posté par JNLEBLANC à 07:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]