Le blog de Jean-Noël LEBLANC

31 mars 2020

Règle n°51 !

mon oeil

Règle n°51 :

Mais non,

c'est pas la règle

pour bien doser le Pastis !

Règle 51

C'est pour dire qu'on peut se tromper, ou bien avoir raison à un moment puis être démenti plus tard :

"Tousse avec moi !" (Cinquante balais) - Le blog de Jean-Noël LEBLANC

 

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30 mars 2020

Coronavirus et SF

LibérationSur le site de Libération, un article très intéressant de Pierre-Antoine Marti doctorant en histoire, EHESS, dont voici quelques extraits :

"Sidération générale et villes mortes ou presque, brusque exode urbain, crainte des pénuries, et cette menace lancinante d’un virus invisible qui chaque jour fait davantage de dégâts… la France du confinement prend des allures angoissantes et surréalistes. Dans les médias et jusque dans nos échanges quotidiens, nombreux sont les témoignages qui comparent la situation à « un (mauvais) film de science-fiction ».

Couvertures, images et illustrations de Le Dernier Homme de Mary ...Mais il est vrai que les spéculations anticipatrices ont bien souvent exploré le thème de l’épidémie. Beaucoup considèrent Mary Shelley comme la mère de la science-fiction moderne grâce à son Frankenstein : dès 1826, dans une œuvre justement intitulée le Dernier Homme, elle imaginait une peste ravageuse frappant l’humanité à la fin du XXIe siècle, jusqu’à ne laisser sur la surface de la Terre qu’un seul être humain en vie.

Je suis une légende – Richard Matheson – Chronique – Thomas ...Depuis le développement dramatique du Covid-19 en Europe, on voit se multiplier un peu partout les références SF censées avoir préfiguré la crise actuelle, qu’il s’agisse de films comme Contagion (Soderbergh) ou l’Armée des 12 singes (Gilliam), ou de romans comme Le Fléau (King). La radicalité avec laquelle ces fictions mettent en scène ces épidémies, bien plus meurtrières que celle que nous affrontons actuellement, en dit long sur l’effroi latent que suscitent de tels épisodes. Et, dans le même temps, elles contribuent à nourrir les psychoses : (...) Qui a eu l’occasion de traverser les avenues désertées de nos grandes villes a peut-être pensé au personnage de Robert Neville, interprété par Will Smith, dans Je suis une légende (2007), arpentant un New York à l’abandon et dont il demeure le dernier habitant humain après une pandémie foudroyante : tous les autres sont devenus des « infectés », sortes de zombies hostiles ne vivant que de nuit. Pour mieux supporter « le terrible vide des heures », il écoute Beethoven, Brahms ou Mozart, absorbant une quantité déraisonnable de whisky  : certainement pas un exemple à suivre en période de confinement. C’est l’un des bienfaits de la science-fiction que de nous faire expérimenter l’inconcevable à travers les personnages et situations mis en scène dans des récits qui testent parfois les frontières les plus insoupçonnées de la réalité.

Je suis une légende : le film qui anticipait le coronavirus à New ...

Fin du monde : le jour d'après - Documentaire (2017)En pleine crise générale entraînée par le Covid-19, de nombreuses voix se manifestent pour appeler à envisager la société qui viendra alors que le virus sera maîtrisé. Le président Macron l’a clairement exprimé dans son discours du 16 mars dans une formule forte qui fait d’ailleurs curieusement écho au film-catastrophe éponyme : « Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. » La question se posera de savoir si nous reviendrons aux anciennes normes, fussent-elles ajournées, ou si nous en inventerons de nouvelles. Où se niche la « légende » de demain : dans la parenthèse d’exception que nous traversons, ou dans les mécanismes qui ont accompagné son apparition ? Légende, ces applaudissements pour saluer le dévouement du personnel de santé ? Légende, les hommages appuyés aux employés de l’ombre, caissières et caissiers, livreuses et livreurs, transporteuses et transporteurs, agents publics, qui permettent au pays de tenir debout ? Et ces poissons revenus nager dans l’eau claire des canaux de Venise, et ce surprenant « effondrement » auquel nous assistons en parallèle à celui du cours des Bourses : celui des niveaux de pollution ?

J'ai lu La peste de Camus | So Busy GirlsIl y a les futurs écrits dans les livres de science-fiction, et il y a le futur qui adviendra et qui, aujourd’hui particulièrement, est ouvert, et attend nos présentes actions et volontés, et pourquoi pas, même, un peu de nos rêves. Beaucoup nous invitent à (re)lire aujourd’hui la Peste, de Camus, comme un compagnon pour nous éclairer en temps de pandémie."  

L'article intégral :
 
Coronavirus: la science-fiction à la rescousse

Je vous proposerai bientôt ma propre biblio-filmographie autour de cet incroyable événement que nous vivons aujourd'hui.

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29 mars 2020

Ce matin, grande aventure !...

Humeur 16

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28 mars 2020

"Continuité pédagogique" : le grand dialogue...

conti peda

A la fin de cette deuxième semaine de confinement et d'école à distance (pardon : de "continuité pédagogique"), découvrez ce montage anonyme qui résume avec une grande justesse la situation de la première semaine d'Education Nationale Numérique :

Continuité Sophie

Nation_Apprenante

Zazie

 .

"Nation Apprenante,
mon c... !",

dirait la malicieuse Zazie
:-)

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27 mars 2020

Uderzo

Hommage au père d'Astérix Albert UderzoAlbert Uderzo est parti retrouver René Goscinny, l'un de mes héros.
La potion magique n'était donc pas une liqueur d'immortalité, sauf pour leurs personnages.

Uderzo-Goscinny, c'était Astérix, évidemment, mais aussi pour moi - parfum d'enfance et d'orties douces - les aventures d'Oumpa-Pah l'indien et de son "frère Double scalp", Hubert de la Pâte feuilletée.

Je venais juste de finir la lecture de l'intégrale, achetée il y a quelques semaines ! Une série formidable et drôle, qui anticipe les gags et l'univers de nos Gaulois !

Sur RTL, Sylvie Goscinny, la fille de René, qui gère l'oeuvre de son père depuis des années, évoquait avec émotion la relation de ces deux créateurs qui, selon les mots d'Uderzo, avait commencé par "une sorte de coup de foudre mutuel" :

"Ils étaient plus qu'inséparables. Je crois que, si aujourd'hui, dans le dictionnaire, il y avait une entrée au mot 'amitié', cette entrée pourrait être illustrée par leurs deux noms. C'est-à-dire qu'ils ont vécu l'un avec l'autre une amitié comme on n'en vit pas, ou comme on n'en vit peu, qui a donné naissance à un mythe : celui d'Astérix. La seule chose à laquelle je m'accroche depuis ce matin sans discontinuer, c'est imaginer leurs retrouvailles.

Image associéeQuand mon père meurt en 1977, il vient de terminer le scénario d'Astérix chez les Belges et Albert va dessiner cet album que mon père ne verra jamais. Je pense au chagrin d'Albert quand il a tenu tout seul cet album qu'ils avaient fait à deux

Avec la mort d'Albert aujourd'hui, c'est mon père qui s'éteint une nouvelle fois. Quand Albert parlait de mon père, finalement mon père était encore un peu là, un peu vivant. Albert est parti en emportant des souvenirs, en emportant une voix, en emportant un regard."

Un hommage rendu par Philippe Geluck :

Asterix Geluck

 

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26 mars 2020

Johnny Cash sur Arte !

Image associéeYeah ! Arte propose de retrouver Johnny Cash !

Il y a d'abord la captation partielle du fameux concert dans la prison de Folsom. Certes, pas que des chansons de "l'Homme en noir" (et trop peu pour moi), mais d'autres artistes dont l'envoûtante Linda Rondstadt :

Johnny Cash: Behind Prison Walls | ARTE Concert

Le biopic Walk the line n'est pas en rediff sur le site, mais on pourra à nouveau voir le film sur la chaîne le mardi 31 mars, à 13h35.

La bande-annonce et les critiques évoquent un Joaquin Phoenix habité par le rôle.


Et puis revoir June Carter, leur fabuleuse histoire d'amour...

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25 mars 2020

"La 3ème révolution" (Fred Vargas)

Terre

Bon pour le moral

On rigole, on rigole !

Pouêt-Pouêt,

ça donne le moral dès le matin !

 🔵 « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé. " 🌎 🌍 🌏

Charlotte Gainsbourg nous raconte la 3ème Révolution. Ce texte a été écrit par Fred Vargas, en 2008. Depuis, la situation s'est encore aggravée. Réalisé par Henri Poulain, StoryCircus. Production : Imagine2050

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24 mars 2020

La Bièvre de retour à Paris ?

Paris 1

A l'occasion des élections municipales, un peu d'eau supplémentaire à Paris : c'était l'une des propositions du candidat écologique, faire resurgir la Bièvre à Paris !

LCI nous explique tout : 

Bièvre

"Elle est bien là, même si personne ne la voit. Sous le métro aérien de la ligne 6, rien ne laisse présager de la présence d’une rivière plusieurs mètres sous terre, si ce n’est une plaque dorée, clouée au sol, sur laquelle on peut lire : "Ancien lit de la Bièvre. Le viaduc enjambait ici les 2 bras de la rivière". C’est ici, boulevard Auguste Blanqui, dans le 13e arrondissement de Paris, que le cours d'eau se séparait pour se jeter plus loin dans la Seine, vers la gare d’Austerlitz. En 1912, la pollution eut raison de la Bièvre qui fut enterrée sous une couche de béton – les manufactures et teintureries s’étaient implantées dans le quartier et utilisaient son eau, la rendant impropre à la consommation.

Depuis, la Bièvre, qui termine sa course dans les égouts, ne coule plus dans la capitale. (...) Une situation à laquelle souhaite remédier la candidate EELV Anne Souyris en cas d’élection à la mairie du 13e arrondissement. "Ce qui a dérangé la majorité de l’époque, vers 2005, c’est que ça empêchait les voitures de passer", rappelle la candidate écologiste. 

De fait, les périodes de fortes chaleurs sont devenues récurrentes et de nombreux élus voient dans les cours d'eau la meilleure alternative pour faire face à la hausse des températures. "Avoir une proximité d’eau fait tout de suite baisser la température de 2 à 3°C", défend ainsi Anne Souyris.

REPORTAGE - Sur les pas de la Bièvre, rivière oubliée de Paris
Thomas Frisch-L’Ecologie pour Paris 13

 

Pour Jean-Louis, croisé plus haut, à la Butte aux Cailles, le projet des écologistes "n’est pas la solution" face à la canicule. (...) Jean-Louis considère surtout le projet comme "délirant" pour une raison simple : "Ça va provoquer une flambée des prix dans le quartier. Partout où il y a eu des aménagements, comme les jardins partagés sur la Petite Ceinture, les tarifs des appartements limitrophes ont énormément grimpé." 

Anne Souyris, elle, voit en ce projet "une manière de renouer avec l’histoire de Paris". S'il est adopté, la Bièvre ne sera pas pour autant découverte en un jour : la piétonnisation le long de la rivière devrait prendre deux ans, la redécouverte des tronçons une dizaine d’années."

 Le reportage intégral : Sur les pas de la Bièvre, rivière oubliée de Paris | LCI

photo de Caroline Quevrain

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23 mars 2020

"Un rêve français" (photo de Marc Combier)

Marc_ombier

"Mois important pour mon parcours de photographe : Valérie Police de la galerie L’Imagerie à Argenteuil (95) expose mon travail de photographe du 21 mars au 20 juin. J’en ai extrait une photographie pour ma Photo de mars.

Parallèlement et pour cette occasion, je publie avec la complicité de mes amis Gérard Aimé et Gilles Carmine, Un esprit français, un livre de 176 pages (format 19x26 cm,  25 €) regroupant 170 de mes photographies de ce début de 3e millénaire. Il sera présent à l’exposition.

Vous pourrez acquérir l’ouvrage sur le site Rakuten via ce lien :

https://fr.shopping.rakuten.com/offer/buy/4730559879/un-esprit-francais-format-beau-livre.html

Au plaisir de vous retrouver le mois prochain"

Marc Combier,

photographe et auteur.

Et la photo de ce mois-ci, bien involontairement, illustre l'actualité de notre confinement !

ma photo de mars 2020

Retrouvez cette photo avec les précédentes "Photos du mois"
de Marc Combier sur son blog :

Marc Combier, photographe

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22 mars 2020

La librairie alternative à Amazon

www.lalibrairie.com

Depuis le début du confinement,  les ventes du site Amazon explosent.

Si les librairies physiques n'obtiennent pas une prochaine dérogation d'ouverture, il existe pourtant une alternative : créé il y a une dizaine d'années, le site lalibrairie.com propose à ses clients de commander des livres en ligne et de se les faire livrer chez eux ou dans des librairies, en respectant un modèle viable et responsable.

ID (ID L’Info durablea interrogé Georges-Marc Habib, président de la société propriétaire du site lalibrairie.com.

Condensé de ses réponses :

"Le site en ligne a été créé il y a un peu plus d'une dizaine d'années par un groupement de libraires, pour répondre à la demande qui avait été faite à l'époque d'avoir un site de vente en ligne de livres mutualisés, c’est-à-dire au service de l'ensemble des librairies présentes sur territoire français. Il s’agit d’un site avec une base de données libre nationale, et des points libraires référencés. Il y en a 2 500 à travers toute la France. Nous donnions la possibilité aux clients de se faire livrer dans les commerces de proximité avec qui nous travaillons : des librairies et des maisons de presse. Puis, avec le temps, nous avons proposé à nos internautes de se faire livrer directement chez eux, moyennant une participation aux frais de port.

Notre site logistique, situé à Ivry-sur-Seine, est entouré de grands entrepôts de distributeurs, nous permet d’afficher un stock d’environ 300 000 références disponibles dans les 24 heures. (...) Parfois, le client décide de se faire livrer en point libraire et ce point possède déjà l’article que le client a sélectionné : il pourra alors récupérer son livre grâce à un simple déplacement.

Nous tentons de recréer du lien social, plutôt que de l’évasion fiscale… Nous sommes une petite entreprise avec moins de vingt salariés. Nous sommes installés sur le territoire français, nous payons nos salariés qui sont tous en CDI à temps complet et nous leur versons des primes en fonction de nos résultats. Nous sommes inscrits dans une vision sociale de ce que doit être une entreprise, responsable vis-à-vis des gens avec qui elle travaille. De plus, nous travaillons avec une réseau de 2500 points libraires, des sociétés elles-mêmes installées de manière locale, qui paient correctement leurs salariés et leurs impôts.

Nous demandons une petite participation aux frais de port car rien n’est gratuit : cela nous semblait normal de faire participer l’internaute. Il s’agit d’une petite participation, pouvant aller de 0,50 euros à quatre euros. Amazon a imposé un modèle gratuit mais nous considérons que pour être responsable éthiquement et socialement, il faut faire comprendre à l’internaute qui lui aussi a une part de responsabilité dans l’acheminement de l’article d’un point A à un point B.

Autrement dit, choisir lalibrairie.com, c’est défendre une certaine idée de la justice fiscale, c’est préserver les acteurs économiques existants et c’est encourager la vitalité du commerce local tout en profitant d’un service efficace et moderne. Alors certes, ce genre de choses a un léger coût, mais nous aurions vraiment tort de nous en priver."

Découvert ici : 2 500 libraires indépendants ripostent à Amazon

Le site : Lalibrairie.com

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21 mars 2020

Ceux qui piquent toutes les nouilles au supermarché...

Humeur 13

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20 mars 2020

Le Bouquin Volant, bibliothèque solidaire !

1 coeur 1

A l'occasion du Salon du Livre de Paris, un coup de projecteur devait être donné sur une chouette action solidaire autour des bouquins :

L'événement est annulé, mais l'association poursuit sa quête et ses actions :

"Du 20 au 23 mars 2020, Livre Paris organise la première édition de la Petite Bibliothèque Solidaire avec le soutien de la Fondation d'entreprise Wesco et l'association Le Bouquin Volant.
Pendant le salon, La Petite Bibliothèque solidaire sera installée dans un espace dédié pour permettre aux visiteurs de faire don de leurs livres jeunesse d’occasion et en bon état.
Les livres jeunesse récoltés seront ensuite redistribués à travers le monde à des enfants isolés, pour faciliter leur pratique de la langue française, lutter contre l’illettrisme et les sensibiliser à la culture Française.
Le Bouquin Volant a été créé en 2003 pour donner une deuxième vie aux livres en les récupérant auprès de personnes souhaitant s’en séparer pour les offrir dans des pays où on en manquait.
Ainsi Le Bouquin Volant participe à la lutte contre l’illettrisme et facilite la pratique de la langue française."
Leur site : Le Bouquin Volant | Pour faciliter la pratique de la langue française dans le monde

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19 mars 2020

Pierre Lemaitre a dit :

Lemaitre

"Pour des raisons qui relèvent certainement de l'inconscient du texte, il y a des personnages auxquels on s'attache davantage. (...) C'est vrai, je suis tombé amoureux de cette fille [Louise, dans Miroir de nos peines].

L'inconscient du texte est l'un des moteurs de l'écriture d'une histoire. Sans ça, le livre s'enliserait. Ça prend des centaines d'heures, d'écrire un roman ! Certains y arrivent en trente jours, moi il me faut dix-huit mois. Pour rester 1500 heures avec vos personnages, si vous n'aviez pas de l'attachement au moins pour certains (au-delà du plaisir de les manipuler), vous ne tiendriez pas le coup. (...) Tomber amoureux d'un personnage fait partie des relais d'énergie indispensables.

Si vous ne faites pas souffrir vos personnages, le lecteur ne ressentira aucune émotion. (...) J'ai la réputation d'être méchant avec mes personnages, mais j'ai tendance à penser que c'est pour ça que mes romans ne sont pas trop mauvais.

Je suis un névrosé de la structure, c'est-à-dire que je me pose toujours des questions de construction, que ce soit pour une phrase, un personnage, une histoire, un roman.

Un écrivain, c'est un mec qui a deux ou trois trucs à dire et qui, livre après livre, essaye de les exprimer à peu près correctement."

Pierre Lemaitre, entretien réalisé pour le magazine 22, rue Huyghens, n°15, printemps 2020, à lire en intégralité ici :

22 rue Huyghens, l'actualité des éditions Albin Michel

 

 

 

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18 mars 2020

« La verte Érin » (Guy de Maupassant)

"On ne parlait guère de l’Irlande, il y a cinquante ou soixante ans, sans l’appeler « la verte Érin ». Le langage poétique auquel nous devons « la perfide Albion » et la « grasse Normandie » n’avait point découvert d’autre épithète pour qualifier cette terre de misère éternelle, ce pays loqueteux et sordide des gueux, ce foyer de révolte sans fin, de religion sanguinaire et d’indéracinable superstition. La verte Érin ! (...)

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Assurément l’Irlande est la terre de pauvreté. La hideuse misère y a établi son empire ; elle l’enserre comme une pieuvre, la tient, la mange, exerce sur ce sol, qui est sien, sa toute-puissante tyrannie, par le moyen de l’Anglais, son lieutenant. (...) Traverser l’Irlande, c’est se promener au milieu des exquises gravures de Callot. Aucun pays du monde n’est plus riche en guenilles. (...)

Résultat de recherche d'images pour "mariage irlandais"Quand deux jeunes gens vont se marier, la composition de la dot est souvent d’un comique sinistre et fou. Un voyageur raconte cette anecdote : Il passait près d’un cottage et fut attiré par les cris furieux d’un jeune homme qui voulait défoncer la porte, hurlait, jurait parlait de tuer quelqu’un. On l’entraîna. Ce jeune homme devait, le jour même, épouser une jeune fille habitant ce cottage.

Résultat de recherche d'images pour "cochon dessin"Les dots se trouvaient égales et belles. Lui, possédait une hutte (à laquelle manquait le toit ; mais on la pouvait réparer) et un cochon. Quant à elle, elle devait, en compensation de ces richesses, recevoir de son père une table, une chaise, une marmite et une couverture. Tout allait donc au gré des amants ; mais voilà que, le matin même du mariage, le cochon du fiancé mourut. Le père, à cette nouvelle, s’écria : « Tu n’auras pas ma fille ! » Le garçon s’indigna, s’emporta : ce fut en vain. Alors on lui proposa une transaction ; c’était de prendre la femme, mais de laisser aux parents la table, la chaise et la marmite, jugées d’une valeur équivalente à celle de l’animal trépassé. Il refusa avec énergie, exigeant le tout. La jeune fille, au fond de sa hutte, sanglotait — quand un rival se présenta, un rival avec un cochon vivant, un rival qui, sachant la catastrophe, venait perfidement offrir son porc et sa main. On les reçut tous les deux à bras ouverts ; la jeune fille se consola tout de suite ; et l’amoureux éconduit noya sa tristesse dans le whisky.

Résultat de recherche d'images pour "writer's tears"Le whisky est la grande consolation de ces misérables et, en même temps, une des plaies de l’Irlande. L’eau-de-vie de Bretagne et le whisky d’Irlande, sont sans doute, les causes principales des nombreuses apparitions, des familles d’êtres fantastiques qui hantent ces deux pays..."

Guy de Maupassant, Le Gaulois, 23 janvier 1881

La chronique intégrale  : La Verte Érin - Wikisource

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17 mars 2020

Cavanna a dit (3) :

Lune de miel eBook by François Cavanna

"Un écrivain qui ne peut plus écrire, alors que sa tête bouillonne toujours et plus que jamais... Bon, j'aurais pu le perdre, ce bras. Les tronçonneuses volent bas, sous le ciel d'automne, les roues des camions, sur l'autoroute, ne demandent qu'à broyer. Il y en a à qui de telles choses arrivent. Oui, mais ils ne font pas métier d'écrire. Et alors ? Ils sont peut-être horlogers, ou sculpteurs sur grains de riz, ou tatoueurs à façon... Pas mes oignons. De bonnes âmes me conseillent :

- Apprends à taper. D'abord, aujourd'hui, personne n'écrit plus à la main. Ou bien dicte, pourquoi pas ?
Bonne âmes, j'ai essayé tout cela. Ça ne marche pas. Quand j'écris, j'ai le dedans de la tête en contact direct avec la feuille de papier. Ça coule du cerveau par la manche droite de mon pull jusque dans les doigts, jusque dans le bic ou le feutre, là où ça se mélange à l'encre et ça cavale tout seul. Pas de relais, pas d'interruption de parcours. Direct de la matière grise au consommateur. Si j'interpose un moyen mécanique sur le trajet, je casse tout. Ça devient plat, banal, ou prétentieux. Non : la tête, le papier, et entre les deux la main avec son doigt et de l'encre au bout.

Ce fut une dure, une longue bataille. Que j'ai crue un moment gagnée. Qui ne l'était pas. Si vous pouviez voir le gribouillis que barbouille mon stylo en ce moment même !... Mais je lutterai, j'ai besoin de parler ou je meurs. Ma parole, c'est l'écriture. A la main. Tant que je pourrai écrire une ligne, je serai présent parmi les vivants.

J'ai atteint l'âge où ceux qui font métier d'écrire n'écrivent plus. Ce qu'ils doivent s'emmerder ! Je n'étais pas "fait" pour être esclave de la chose écrite. Je le suis devenu. Ecrire m'est nécessaire, vital. Raconter. Expliquer. Amener le lecteur dans l'état où l'on a décidé qu'il serait, et cela rien qu'en arrangeant des mots. C'est-à-dire séduire. Ou s'indigner. De toute façon : dominer. Comment s'en passer une fois qu'on a goûté à cette ivresse ? Je ne parle pas ici du plus ou moins de succès en librairie, mais bien de cette joie puissante, de cette plénitude qui vous soulève et vous transfigure quand on sent que ça y est, le piège est là, magnifique, la proie ne peut qu'y tomber et rejoindre l'auteur dans son plaisir immense.

C'est pourquoi, jusqu'à l'ultime seconde, j'écrirai."

Cavanna, Lune de miel, éditions Gallimard.

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