PaletteCe dimanche, alors que le sifflant novembre a effeuillé ses derniers arbres et que samedi a tout recouvert d'une couette molletonnée, chacun se met à penser à la période de l'Avent et aux fêtes de Noël qui couronneront le mois. Notre peintre a beaucoup peint l'hiver, la neige et ses paysages blancs (aux reflets changeants, marquant son état d'esprit). Une nouvelle vue en perspective, dont il existe plusieurs versions, à l'habitude de Monet et de sa volonté de capter les différentes lumières :

Monet_La_Charrette

Claude Monet, La Charrette, Route de neige à Honfleur, 1865.

Le point de vue adopté n'a cette fois rien d'étrange : nous suivons du regard la charrette qui nous mène au bout du chemin - vers la profondeur de l'hiver ? A gauche, le toit de neige de la ferme Siméon, où séjournait Monet à cette époque, chez la "mère Toutain", et où se rencontraient de nombreux amis, Monet, Boudin, Courbet, Sisley, Bazille ; à droite, la ligne fuyante et en surplomb du fossé d'eau gelée ; au centre, la neige piétinée, qui se reflète dans le ciel ; aux bords, la neige immaculée, mais toujours parsemée de ces crémeuses taches d'ombre, tandis qu'au fond, dans l'adoucissante cuvette formée par les toits pentus et le bois lointain,  un arbre-roi se dresse, stoïque dans le froid glacé et toute sa majesté nue.