07 octobre 2009
Voltaire, un imposteur ?
Une ancienne élève, connaissant mon goût pour Voltaire, m'envoie cet article relatant un ouvrage de l'un de ses enseignants.
La coquine voudrait-elle me provoquer par ce clin d'œil malicieux ?
Voici l'article qu'elle me soumet :
Voltaire, une imposture intellectuelle ?
"Voltaire
passe aujourd’hui pour un défenseur des droits de l’homme et un héros du progrès
judiciaire. Il doit cette réputation à des affaires exceptionnelles, rencontrées
au soir de sa vie, dans lesquelles il s’est engagé pour des raisons idéologiques
(la lutte contre l’intolérance religieuse) et où il a su déployer avec succès
son génie de la communication.
Ces affaires lui ont permis de dessiner de
lui-même une image pour la postérité : « Il me semble que j’ai combattu toute ma
vie pour la vérité. Ma destinée serait-elle de n’être que l’avocat des causes
perdues ? ». Autoportrait flatteur, certes, mais bien inexact, puisqu’il n’a
commencé à s’intéresser à ces problèmes que tardivement, à l’âge de
soixante-huit ans. Cette image flatteuse cache en outre une double imposture
intellectuelle : celle de Voltaire lui-même, qui a présenté au fil de ses
combats un tableau inexact de la justice pénale de son temps ; et celle de la
postérité qui, par conformisme, a le plus souvent recopié et répété aveuglément
les critiques du philosophe sans en vérifier la véracité, faisant ainsi passer
l’arbre pour la forêt et nourrissant une légende noire encore trop vivace."
Que répondre ? N'étant pas un fin connaisseur de la "chose judiciaire", je ne peux que souscrire aux propos d'un spécialiste. Et puis par amour de la vérité et de l'objectivité, soyons conscients des erreurs commises par les gens que nous aimons.
Ainsi, si nous ne méconnaissons pas le goût de Voltaire pour l'argent, le luxe,
l'envie, l'intérêt, les petits vices et les ridicules, les courbettes
parfois, créditons-le cependant du bien -même minime- envers autrui ou la société. Quand un homme fait un pas vers la vérité, quand un homme aide son prochain, on doit regarder cette avancée sans la dévaloriser par ses actions antérieures ou moins glorieuses.
Comme personne n'est exempt de reproche, regardons ce que chacun a fait pour la sauvegarde de quelques-uns, pour le progrès des consciences, et au final pour l'humanité tout entière.
---------------------------------------------
Un commentaire :
"Très philosophe mon Jean-Noël, ta réponse me convient tout à fait. Il n'est
jamais trop tard pour bien faire et pour faire le bien autour de nous. Il n'est
jamais trop tard pour dénoncer les injustices de ce bas monde.
Comme je
l'écrivais il y a quelques années : " Change-toi avant de vouloir changer les
autres. Montre ce que tu sais faire avant d'exiger d'autres ce que tu
veux... " Moi j'aime bien Voltaire, cet homme a fait avancer les choses et les
idées. Un beau débat en perspective..."
27 février 2009
Mon copain Voltaire, best of.
Mon copain Voltaire nous parle ! Puisant dans son oeuvre gigantesque, nous trouvons sans fin de quoi réfléchir, dénoncer, sourire ou nous esclaffer. Voltaire est parfois de mauvaise foi, bien sûr, il ne dédaigne pas les arrangements souterrains pour défendre ses intérêts dans des querelles mesquines, il aime le luxe et la gloire ; mais il aime aussi la justice et la vérité. Un pilosophe des Lumières, un homme que j'admire.
Voici un best of de sa vision de la politique. On y reconnaîtra qui l'on veut :
.
.
--( Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s’en mêler.
Le vrai politique est celui qui joue bien et qui gagne à la longue. Le mauvais politique est celui qui ne sait que filer la carte et tôt ou tard est reconnu.
Gouverne qui peut. Et quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut.
Les grands rois ne connaissent point la vengeance ; tout cède à l’intérêt de l’Etat.
Le gouvernement monarchique est le meilleur de tous ; mais c’est pourvu que Marc-Aurèle soit le monarque ; car d’ailleurs qu’importe à un pauvre homme d’être dévoré par un lion ou par cent rats ?
Il est plus aisé de détruire que de bâtir.
L’histoire n’est que le tableau des crimes et des malheurs. La foule des hommes innocents et paisibles disparaît toujours sur ces vastes théâtres. Les personnages ne sont que des ambitieux pervers.
Le mot politique signifie dans son origine primitive citoyen ; et aujourd’hui, grâce à notre perversité, il signifie trompeur de citoyens.
06 février 2009
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Les larmes sont le langage muet de la douleur.
.
------------------------------------------------
Quelque soit la réalité des faits, voici un petit mot, un clin d'oeil, une pensée et un bouquet pour Loana, qui apparaît en "guest-star" dans mon nouveau livre sur le bac de français.
Mais une colère et un coup de gueule contre les primates qui s'en prennent aux femmes, contre les violents de tous ordres.
23 janvier 2009
Actu urgente !
Je déprogramme en toute dernière minute le message prévu ce matin (Ma Belle-Doche, Mis Pop Art !) pour une actualité... ancienne. Voici la dépêche qui résume les faits :
"Toulouse, le 13 octobre 1761. Marc-Antoine Calas, fils d'un drapier protestant, est découvert mort dans le magasin familial. Accusé de l'avoir assassiné pour empêcher sa conversion au catholicisme, son père est condamné à mort, avant d'être roué, étranglé et brûlé en place publique. Une injustice contre laquelle s'élève Voltaire, avec la complicité de sa jeune pupille, Marie Corneille. Inlassable avocat de la famille Calas, le philosophe des Lumières prend alors l'Europe à témoin, mobilise l'opinion publique et après un combat acharné, finit par obtenir la réhabilitation du martyr et l'indemnisation de sa famille..."
Ce soir, un téléfilm met en scène "mon copain Voltaire" dans un de ses rôles les plus fameux, celui du philosophe luttant contre le fanatisme et l'intolérance, celui du défenseur de l'opprimé. Qu'avait-il à y gagner, sinon des soucis ? Rien, pas même la gloire qu'il aimait tant. Avec cette affaire, avec celle du Chevalier de La Barre ou l'affaire Sirven, Voltaire devient le premier intellectuel engagé physiquement contre l'injustice, avant Zola et son combat pour réhabiliter le capitaine Dreyfus.
C'est ce soir, sur Arte, à 20h45.
"Vous me demanderez peut-être, mes divins anges, pourquoi je m'intéresse si fort à ce Calas, qu'on a roué ; c'est que je suis homme, c'est que je vois tous les étrangers indignés, c'est que vos officiers suisses protestants disent qu'ils ne combattront pas de grand cœur pour une nation qui fait rouer leurs frères sans aucune preuve.
Je me suis trompé sur le nombre des juges, dans ma lettre à Monsieur de la Marche. Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent. S'il avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous. À quoi tient donc la vie des hommes ? À quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi parce qu'il ne s'est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille ! On l'aura accusé d'avoir pendu son propre fils, tandis que ses quatre autres enfants crient qu'il était le meilleur des pères ! Le témoignage de la conscience de cet infortuné ne prévaut-il pas sur l'illusion de huit juges, animés par une confrérie de pénitents blancs, qui a soulevé les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la roue qu'il était innocent ; il pardonnait à ses juges ; il pleurait son fils auquel on prétendait qu'il avait donné la mort. Un dominicain, qui l'assistait d'office sur l'échafaud, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement qu'il est mort. Il ne m'appartient pas de condamner le Parlement de Toulouse ; mais enfin il n'y a eu aucun témoin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu'à des juges prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient pénitents blancs ; ils peuvent s'être trompés. N'est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins représenter les motifs de l'arrêt ? Cette seule démarche consolerait tous les protestants de l'Europe et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? Ne pourriez-vous pas engager Monsieur le comte de Choiseul à s'informer de cette horrible aventure qui déshonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu'il soit innocent ? Il y a certainement, d'un côté ou d'un autre, un fanatisme horrible ; et il est utile d'approfondir la vérité." Voltaire, lettre au comte d'Argental, 27 mars 1762.
07 janvier 2009
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Le mot politique signifie dans son origine primitive citoyen ; et aujourd’hui, grâce à notre perversité, il signifie trompeur de citoyens.
------------------------------------------------
"Merci Jean-Noel pour avoir rappelé cette phrase de Voltaire qui est si actuelle. Le mot Citoyen ou plutôt l'appelation Citoyen fut imposée par Claude Bazire, député de la Côte d'or à la Législative et à la Convention en guise d'égalité. Dans le même esprit il imposa le tutoiement dans le langage courant. C'était un homme politique et il fut compromis dans le grand scandale financier de la compagnie des Indes, de quoi donner raison à Voltaire.... Michel" A retrouver dans le livre de Michel Benoit, 1793, La République de la tentation.
"Pour prolonger la phrase "du jour" de votre copain Voltaire, lire le petit opuscule intitulé LQR (Lingua Quintae Respublicae), La propagande au quotidien d'Eric Hazn, aux éditions raisons d'agir (2006) : plein de pensées du même genre à méditer pour la modique somme de 6 €. Amicalement Sophie-Prima et les lapins pas crétins"
12 décembre 2008
Mon copain Voltaire nous parle !
Semaine Internationale
du Bonheur !
.
.
.
--( Il y a un plaisir préférable à tout cela, c’est celui de voir verdir de vastes prairies et croître de belles moissons ; c’est la véritable vie de l’homme, tout le reste est illusion.
07 novembre 2008
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Continuez à faire de mauvais livres, et laissez-nous lire les bons.
29 octobre 2008
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s’en mêler.
16 octobre 2008
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Une dame fort jolie et fort affligée est venue chez moi ; je n’ai pas, à mon âge, de quoi la consoler.
08 octobre 2008
Mon copain Voltaire nous parle !
.
.
--( Je n’ai que soixante et dix-huit ans ; les jeunes gens comme moi peuvent toujours se corriger.











