Terre

La pollution plastique est un fléau pour la planète : ses substances chimiques et des additifs provoquent de nombreuses maladies (cancer du sein, stérilité, puberté précoce, obésité, diabète…). Pourtant, "on peut régler le problème en une génération", affirme Julien Boucher, directeur d’un centre d’écoconception suisse, l'un des auteurs d'une étude publiée dans la revue ScienceJulie Renson Miquel l'a interrogé pour Libération.

Constat et projection :

"Si on ne fait rien, la quantité de plastique qui finit dans l’environnement chaque année va tripler d’ici 2040. Environ 11 millions de tonnes par an finissent dans les océans aujourd’hui. Les engagements pris par les gouvernements ou par le secteur privé, comme l’interdiction de certains objets en plastique (sac à usage unique, paille, etc.), permettront de réduire de seulement 7% la pollution plastique d’ici 2040.

Une part importante [de la pollution] est due aux microplastiques liés notamment aux poussières de pneus. Nous n’avons pas vraiment de solutions à ce problème pour le moment.

Le reste est principalement dû à un aspect comportemental, aux gens qui volontairement ou involontairement jettent leurs déchets dans la nature.

Selon ces experts, les solutions existent cependant pour réduire près de 80% la pollution plastique d’ici 2040 :

"Il faut travailler à la source en réduisant cette vitesse de génération des déchets plastiques en éliminant les plastiques inutiles, en remplaçant cette matière par une autre quand c’est possible, en changeant nos usages ou encore en travaillant sur des modèles d’écoconception.

Pour traiter les déchets il faut qu’ils aient de la valeur en tant que matière première. Or, le recyclage permet de créer cette valeur. Une partie importante de nos déchets est recyclée en Asie. Nous avons visité des sites là-bas… C’est une catastrophe à la fois sociale et environnementale. Les pertes de plastique dans l’environnement sont énormes et les infrastructures ne sont absolument pas contrôlées. Les déchets devraient être réutilisés localement au lieu de faire le tour du monde et d’être traités dans des conditions inappropriées.

Les industriels doivent aussi repenser leur produit et leur filière et prendre la responsabilité de ne pas mettre sur le marché des produits pour lesquels il n’y a pas de filière de recyclage.

Dans tous les cas, la décision d’achat du consommateur ainsi que le vote citoyen seront décisifs."

LibérationPour lire l'article intégral : 

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