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A l'occasion de la sortie de son livre témoignage et du Forum mondial de la démocratie à Strasbourg, Riss a donné une interview à l'AFP. Extraits :

"Cela n'a jamais été facile de faire de la satire, il n'y a jamais eu d'époque où c'était plus facile que maintenant, c'est toujours un genre qui doit lutter pour exister. Quand on sait ça, on met l'énergie qu'il faut pour que ça existe. On assiste à une sorte de fractionnement de la société qui peut-être existait avant mais est démultipliée par les réseaux sociaux, où chacun ne parle qu'à lui-même ou qu'aux gens de sa catégorie. Dès qu'il y a une parole divergente, elle est rejetée, et c'est pareil pour l'humour, un humour qui gêne un peu est considéré comme une agression, mais il ne faut pas se laisser trop impressionner par cela.

Le fait que l'humour soit devenu suspect semble démontrer que les gens n'ont plus confiance les uns envers les autres. Ils interprètent tout comme une agression, comme un rejet. Ce ne sont pas de bons signes quand de grands médias comme le New York Times suppriment des dessins. La première chose que font les dictateurs, c'est enfermer les journalistes et les humoristes. Là, il n'y a même pas besoin de dictateurs, ce sont les grands journaux qui suppriment l'humour. C'est le comble que de grands journaux censés être des symboles de la démocratie comme le New York Times entrent dans ce jeu et participent à un appauvrissement des formes d'expression. C'est assez déplorable. 

Quand on fait du dessin satirique, on ne cherche pas à être pittoresque, on fait des dessins sur des situations politiques, des problèmes politiques. Faire des dessins juste pour faire des blagues, ça fait blague de bureau, ce n'est pas très intéressant. Charlie Hebdo est toujours vivant, avec une rédaction dynamique. C'est un peu difficile d'être toujours, je ne vais pas dire, dissimulés... mais on a aussi envie de revendiquer un peu plus en public ce que l'on est".

Le terrible récit des événements du 7 janvier par les témoins survivants, un an après les assassinats :

charliehebdo/7-janvier-2015-10-rue-nicolas-appert-paris