Un nouveau 
"Duel en chansons"

sur le thème des déserteurs.

Résultat de recherche d'images pour "déserteur vian"Boris Vian écrivit sa chanson en 1954, avant la fin de la guerre d'Indochine et la défaite française de Diên Biên Phu (1500 soldats français tués) et avant aussi le début de la guerre d'Algérie.

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Avec l'auteur, Mouloudji modifia la fin de la chanson, qui fut censurée longtemps à la radio. De nombreux interpètes mirent cette "lettre ouverte" à leur répertoire. Parmi eux, Juliette Gréco, Richard Anthony, Johnny Hallyday, Dan Bigras, Leny Escudero, Dédé Fortin, Joan Baez, Hugues Aufray, Marc Lavoine, Peter, Paul and Mary... Reggiani la chanta aussi, version inoubliable précédée du "Dormeur du val" de Rimbaud. Antimiltarisme et pacifisme s'y mêlent avec force.

   "Monsieur le Président,
   Je vous fais une lettre
   Que vous lirez peut-être,
   Si vous avez le temps.."

"Le déserteur" de Boris Vian

Afficher l'image d'origineEn 1983, Renaud réécrivit sa propre version, avec les mots qui lui correspondent :

   "Monsieur le Président,
   Je vous fais un' bafouille
   Que vous lirez sûr'ment
   Si vous avez des couilles..."

"Déserteur" de Renaud

Cette chanson, interprétée en 1985 lors d'un concert à Moscou, fut le signal d'une "désertion du public" quittant soudainement le Parc Gorki. Renaud garda longtemps la blessure de ce coup monté par les instances communistes locales. Moins de dix ans plus tard, Renaud adapte sa chanson, alors que la France s'engage dans la "Guerre du Golfe". Cette version sera publiée en janvier 1991 dans L'Idiot International :

"Sale guerre

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Pour vous dire simplement
J’irai pas au Koweit !

Ta logique de guerre
Ce n’est pas ma logique
La mienne est pacifique
Envers toute la terre.

 

Et si je prends demain
Un flingue, une grenade
Sur une barricade
Ce ne sera, certain,

 

Que pour sauver ma peau
Celle de ceux que j’aime
De mes enfants et même
Des enfants du voisin.

 

Tomber pour Santiago
Ou mourir à Madrid
Se faire crever le bide
Pour chasser les bourreaux

 

Passe encore, mais jamais
J’n’irai donner ma peau
Ni pour un casino
Ni pour un pétrolier

 

Mourir pour un drapeau
Quelle idiotie suprême
Quand il est à l’emblème
De Shell ou Texaco.

 

Si tu veux, Président
Marquer vraiment l’histoire
Et mériter la gloire
Pour au moins deux mille ans

 

Envoie tes régiments
Libérer la Palestine
Là-bas on assassine
Chaque jour des enfants

 

Envoie tes bombardiers
Raser la Maison-Blanche
Ce sera la revanche
De tous les opprimés

 

Ainsi finit ma lettre
J’hésite, je me tâte
Dois-je en rajouter quatre
Pour un dernier mot peut-être ?"

Sale guerre Monsieur le Président... - Le kiosque à journaux