PaletteCe dimanche, c'est un nouveau paysage d'automne qui s'impose. Nous quittons octobre pour poser le premier pied dans un novembre aux feuilles jaunies et humides, Notre peintre a posé son chevalet dans la forêt de Fontainebleau pour cette belle vue en perspective :

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Claude Monet, Le pavé de Chailly, vers 1865.

Le point de vue nous semble étrange : comme accroupi, le peintre plus près du sol valorise davantage son premier plan, vaste espace d'herbe parsemé de feuilles tombées : début d'automne où la verdure prédomine encore, mais déjà tachetée des quelques flétrissures annonçant le repos de la nature. Telle une présence décalée de la civilisation, la route (et  ses ornières parallèles) part de la gauche et fuit loin, là-bas, au centre du tableau, ligne réelle tracée par l'homme, à laquelle répond à droite la ligne symétrique des ombres des arbres. Tout converge vers ce point de fuite d'où, comme un reflet dans l'eau, le ciel reproduit, en revenant vers nous au premier plan, du fond de l'espace, comme une trouée ou la colonne d'une fumée parmi les arbres roussis. Précisions des détails, couleurs sombres (Bonjour, monsieur Courbet !), Monet est encore loin de l'impressionnisme qui fera sa gloire.