valise  4ème destination : Essaouira

Réveil tôt ce matin, pour une visite guidée à travers Essaouira.

Long parcours en bus, et tout au long des ces 170 kilomètres, nous serons tout de même confrontés à la vie marocaine : les villages traversés, plus ou moins riches, les troupeaux qui grignotent de rares touffes de végétation, l'urbanisme galopant, les parcelles bordées de tumulus ou de solides murets, en moellons ou en pisé, et sur la route parfois étroite, des cargaisons souvent hétéroclites.

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S7300523  Un coup de klaxon pour prévenir qu'on va doubler (="Merci de te ranger un peu") ou pour effrayer l'âne ou le chien en bord de route, afin qu'il ne traverse pas au dernier moment. Les marchands de tapis, les poteries, les marchés aux pastèques ou figues de barbarie. En bord de route, des Marocains assis, qui attendent là tranquillement... un car qui passera peut-être dans deux heures, ou peut-être pas ! L'occasion de voir aussi un peu partout l'effigie du roi du Maroc (Le roi du Maroc, ce n'est pas Mohamed VI, c'est Coca-Cola : pas une boutique qui n'ait son logo, peint à la main ou sur plaque émaillée !)

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La région recèle quelques spécialités : les tapis et l'huile d'argan. L'arganier a été appelé "arbre de Dieu", parce qu'il a sauvé économiquement cette région. Nous découvrons une coopérative où les femmes produisent huile alimentaire ou cosmétique, très à la mode en ce moment, savons divers. Tout ça sent très bon. Les moulins tournent pour récupérer la précieuse huile, qui sert à tout, ou presque : lutter contre le vieillissement de la peau, redonner vigueur aux cheveux fragiles, fortifier les ongles mous et cassants, et même traiter la varicelle et l'acné juvénile.

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En quelques heures, nous sommes passés de 41° à Marrakech à 24° à Essaouira. Le vent du large nous décoiffe (enfin, ceux à qui il reste des cheveux). Essaouira est une ville portuaire. Anciennement baptisée Mogador par les Portugais, elle a été fortifiée par un disciple de Vauban et ses tours, ses créneaux, la font ressembler à d'autres villes maritimes occidentales :  jumelée avec La Rochelle, on l'appelle aussi la Saint-Malo marocaine. Et comme dans toute ville touristique, des commerces de cartes postales, de souvenirs, beaucoup de peintres aussi, et des chats. Bel agencement en tout cas pour la cité d'Es Saouira, qui signifie "la bien dessinée".

Fameuse tradition, la marqueterie, un travail de bois remarquable que nous découvrons dans deux ateliers, deux fois donc l'occasion de déguster le thé à la menthe. Un maître artisan nous explique tout le travail sur thuya (différent du thuya européen), un bois assez recherché, proche du genèvrier et du cyprès :

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La fameuse "table des époux fâchés", qui se divise en trois

Il faut chantourner (créer un motif en évidant le bois à l'aide d'un petit outil), puis incruster bois, pierre, ivoire, nacre ou marbre dans ce bois creusé. Du coup, je repars avec un petit maillet ; ce sera mon souvenir du Maroc, Je vais pouvoir adjuger les lots aux enchères, ou bien faire évacuer la salle en tapant furieusement sur mon bureau à la rentrée ! Le maillet, c'est le pouvoir en main...

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Après dégustation d'un pain chaud (les pains plats marocains), délicieux et presque brioché, nous visitons les arcades commerçantes, avec les échoppes auxquelles nous sommes habitués maintenant et cette vie foisonnante.

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Déjeuner dans un beau restaurant, menu de poisson (spécialité locale, bien sûr), d'où nous sortons pleinement repus, avant une petite heure sur la plage très fréquentée (nous ne nous baignerons pas, gla gla) et le retour.

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5ème question (pour 3 points) :

Quelle chanson révolutionnaire la ville d'Essaouira a-t-elle inspirée ?